Synthèse de l'état des connaissances à propos de l'administration sous-cutanée d'antibiotiques

Remarque importante

Ces fiches pratiques ont été élaborées et mises à disposition en 2024 en l'absence de référentiel à cette époque. Un référentiel français est dorénavant disponible depuis fin 2025 et il convient dorénavant de s'y référer. Cependant, le référentiel est en anglais et sans différence non marginale avec nos fiches pratiques ; nous laissons cette rubrique disponible jusqu'en septembre 2026 pour les non anglophones.

Nouveau référentiel SPILF 2026

Subcutaneous antibiotic therapy: Guidelines for clinical practice – Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française/Société Française de Gériatrie et de Gérontologie, 2025 (texte complet mais en anglais) Antibiothérapie sous-cutanée: recommandations SPILF/SFGG 2026 (synthèse très simplifiée 1 page en français)

Contexte

La voie sous-cutanée peut être utile en dernière intention, seulement si une autre voie d’abord décrite dans le RCP (texte de l'AMM) n'est pas utilisable (intraveineuse, intramusculaire, orale) pour traiter une infection ne nécessitant pas une antibiothérapie massive et rapide. Cette voie est peu documentée et habituellement non décrite dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP). Elle se caractérise essentiellement par 1) une cinétique différente de la voie intraveineuse qui peut influer sur l'efficacité, 2) un inconfort local très habituel et parfois une toxicité locale qui peut être sévère. En l'absence de référentiel, l'EMA propose des synthèses de l'état des dernières connaissances (ou de l'absence de connaissances) sur l'administration de certains antibiotiques par voie sous-cutanée. L'usage sous-cutané hors AMM d'un antibiotique est toujours tracé dans le dossier médical du patient en mentionnant l'évaluation du rapport bénéfice/risque.

Précautions générales : respect des contre-indications et surveillance très attentive

Quelle que soit la molécule, il faut toujours respecter les contre-indications de la voie sous-cutanée (infection grave (sepsis, choc septique, endocardite à la phase aiguë) ou tissu sous-cutané dégradé par une infection locale, une éruption, un hématome). Il est admis qu'il est préférable d'utiliser une solution suffisamment diluée (habituellement dans 100mL), injectée lentement (habituellement en 30 à 60 minutes), un cathéter souple plutôt de petit diamètre, habituellement 22G (0,9mm) ou 24G (0,7mm), sous un pansement hypoallergénique transparent semi-perméable qui permet la surveillance du point d'injection au moins biquotidienne, en changeant de site à chaque injection, préférentiellement dans la cuisse ou l'abdomen.

Synthèses simplifiées de l'état des connaissances

Amikacine

Aminosides

Amoxicilline (Xyllomac*)

Amoxicilline acide clavulanique (Levmentin*)

Céfazoline (anciennement Cefacidal*)

Céfépime (anciennement Axepim*)

Ceftazidime (Fortum*)

Ceftriaxone (Rocephine*)

Céfuroxime (Zinnat*)

Cloxacilline (Orbenine*)

Daptomycine (Cubicin*)

Doripénème (Doribax*)

Ertapénème (Invanz*)

Fosfomycine (Fomicyt*)

Gentamicine

Imipénème (Tienam*)

Méropénème (Meronem* Ponaxem*)

Métronidazole (Flagyl*)

Oxacilline (Istopen*)

Pipéracilline + tazobactam (Tazocilline*)

Teicoplanine (Targocid*)

Témocilline (Negaban*)

Tobramycine

Vancomycine

Codes couleur

Aucun antibiotique n'est officiellement recommandé par voie sous-cutanée en routine

Voie sous-cutanée utilisable en respectant des précautions particulières strictes

Voie sous-cutanée insuffisamment documentée pour proposer un usage hors service spécialisé

Voie sous-cutanée documentée comme inefficace et/ou toxique